Jean-Daniel CHAOUI
Publié le 23/03/2015

Jean-Daniel CHAOUI

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Sécurité et enlèvements à Madagascar

Session de mars 2015 - Question d’actualité n°3 de M. Jean-Daniel CHAOUI, conseiller consulaire (Madagascar), et conseiller à l’AFE (Afrique centrale, australe et orientale).

La sécurité des communautés françaises dans les pays du Sud est une préoccupation importante. La faiblesse des moyens et de l’organisation dont disposent les forces de police et de gendarmerie dans un pays comme Madagascar rendent cette sécurité aléatoire. Il revient donc à chaque membre de la communauté française de prendre des dispositions personnelles pour limiter les risques d’insécurité.

Le Consulat général est présent avec notamment une communication par SMS auprès des Français inscrits sur le registre. Mais celle-ci concerne essentiellement les évènements à risque sur la voie publique. De même, le Comité de sécurité est principalement centré sur l’éventualité d’une situation insurrectionnelle ou d’une catastrophe naturelle.

Une nouvelle forme d’’insécurité individuelle s’est installée à Madagascar depuis quelques années, dans la communauté française d’origine indo-pakistanaise en particulier, communauté d’opérateurs économiques visée par les enlèvements avec rançon. Ces enlèvements prennent, depuis quelques mois, une fréquence accrue. Lors de sa venue à Madagascar, en janvier 2015, le Sénateur Richard Yung a rencontré, à Tananarive comme à Majunga, les représentants de cette communauté. Ceux-ci lui ont fait part de leur vive inquiétude. Fin février, l’enlèvement d’un enfant à la sortie d’un collège de l’AEFE à Tuléar, ville du Sud de Madagascar, illustra le franchissement d’un palier dans ce type d’exaction criminelle.

L’Ambassadeur de France, Monsieur François Goldblatt, a pris la mesure de la gravité de la situation en adressant, au cours d’une conférence de presse tenue le lundi 23 février 2015, à la résidence de France à Tananarive, une sévère mise en garde aux auteurs de cette activité criminelle (revue de presse en pièces jointes).

Nous retenons de cette déclaration, la volonté affichée par les autorités françaises de mettre fin à ces pratiques visant les Français à Madagascar. Concrètement, nous souhaiterions qu’une action de coopération, limitée dans le temps mais conséquente en moyens, soit mise en place pour aider les autorités malgaches à éradiquer rapidement la pratique criminelle des enlèvements dans la grande île.

Quelles actions auprès des autorités malgaches le ministère envisage-t-il de développer afin d’éradiquer la pratique des enlèvements avec rançon dont est victime la communauté française de la grande île ?

Le 27 février 2015, vous avez bien voulu appeler l’attention du Ministère des Affaires Etrangères et du Développement International sur la sécurité des Français à Madagascar et notamment face au risque d’enlèvement, dont est particulièrement victime la communauté française d’origine indo-pakistanaise.

Notre ambassade est pleinement mobilisée pour lutter contre cette menace.

Notre ambassade travaille en étroite collaboration avec les autorités malgaches et partage avec elles des informations relatives aux personnes susceptibles d’être impliquées comme commanditaires ou comme exécutants. Neuf suspects ont ainsi été interpellés suite à l’enlèvement et à la libération de Houssein Anvaraly. L’attaché de sécurité intérieure de notre ambassade est tout particulièrement en charge d’assurer, sous l’autorité de l’officier de sécurité, la protection des ressortissants français et la coopération avec les autorités malgaches sur ce sujet.

A la demande de notre ambassade, les autorités malgaches ont déployé des personnels des forces de l’ordre devant les sites sensibles (lycées, collèges, Alliances françaises) à Tananarive, Tamatave et Diego Suarez. Il est envisagé d’étendre ce renforcement policier à Tuléar.

Notre ambassade est également en contact étroit avec la communauté française et la sensibilise activement au risque d’enlèvement. Elle tient ainsi régulièrement des réunions notamment avec les représentants de la communauté d’origine indo-pakistanaise, qui est la plus concernée. La dernière de ces réunions s’est tenue le 19 février. La communauté française est informée par SMS.

Origine de la réponse : MAE/CDCS