L’enseignement français à l’étranger dans l’attente d’une plus juste répartition des efforts entre « Excellence et réussite pour tous »

Question écrite de M. Jean-Daniel CHAOUI , membre élu de la circonscription électorale de Tanararive.

QUESTION

Le constat est fait, depuis plusieurs années, qu’une partie des élèves français, quitte précocement les établissements du réseau sans orientation. Le diagnostic établi et présenté de façon redondante par l’administration est que, si les parents se félicitent de la recherche de l’excellence dans nos établissements avec des taux de réussite tendant au zéro échec aux examens, il est aussi important de se préoccuper de la réussite pour tous.

Disons-le sans ambages, ce dernier point nous semble insuffisamment pris en compte. Certes, quelques formations professionnelles sont offertes dans plusieurs établissements du réseau à Madagascar. Elles pêchent cependant sur deux points : ce sont uniquement des formations tertiaires et elles sont concentrées essentiellement sur Tananarive, accentuant ainsi l’exode des élèves des établissements de province vers la capitale. On pourrait ajouter qu’elles sont insuffisantes en quantité et en diversité.

Soucieux de diversifier l’offre de formation vers les emplois artisanaux et industriels, après avoir constaté la disponibilité et la qualité de l’équipement de l’ancien centre AFPA de Tananarive, aujourd’hui "externalisé", c’est-à-dire privatisé sous la forme d’une association dénommée l’ASFOR, les deux Conseillers, Jean-Daniel Chaoui et Xavier Desplanques, se sont adressés, depuis plusieurs années, à l’administration de l’AEFE, pour la mise en place d’un groupe de travail concernant le développement de la formation professionnelle dans la grande île. Il nous paraîtrait en effet intéressant d’exploiter des équipements existants et d’étudier la mise en place de formations diplômantes telles BEP ou CAP et de bac-pro en alternance.

Si l’idée est jugée bonne, elle tarde à être prise en compte par l’AEFE qui privilégie d’abord le concept d’excellence comme sa priorité du moment. Il va de soi que nous ne pouvons nous satisfaire de ce statut quo et que nous sommes contraints de le rendre public. La réussite pour tous reste un des fondements de notre école républicaine, elle doit être la priorité des priorités.

Quelle est la position de l’AEFE par rapport au développement de l’enseignement professionnel à Madagascar et par rapport aux propositions avancées ci-dessus ?

REPONSE

L’AEFE, dotée d’un service d’orientation et d’enseignement supérieur performant, prend les moyens de répondre aux demandes relatives à l’orientation des élèves du réseau. A Madagascar, par exemple, tous les élèves du réseau de l’enseignement français bénéficient de l’appui du CRRIO (Centre Régional de Ressources de l’Information et de l’Orientation) qui assure la diffusion de l’information sur l’orientation. Tous les établissements respectent scrupuleusement les procédures d’orientation. Au Lycée Français de Tananarive, en 2010-2011, l’orientation des élèves en fin de 3e a été la suivante : sur 218 élèves concernés, 186 ont été orientés en Seconde générale ou technologique et 21 en seconde professionnelle. Il a été proposé 8 redoublements. Pour l’année 2010-11 au Lycée Français de Tananarive, il n’y a pas eu de sortie en cours de scolarisation pour les niveaux du collège ou du lycée (déscolarisation), seulement des départs vers la France ou un autre pays étranger.
Conformément à son Plan d’orientation stratégique (POS) 2010-2013, l’AEFE a pour objectif d’ « offrir aux élèves, de la maternelle à l’entrée dans l’enseignement supérieur, un enseignement d’excellence garantissant la réussite pour tous ». Les filières lycées des établissements de l’AEFE répondent aux demandes exprimées par les familles qui, dans leur quasi totalité, sollicitent l’inscription de leurs enfants dans les séries L, S et ES de l’enseignement général.
L’ouverture, au début des années 2000, au lycée français de Tananarive, d’une filière accueillant 96 élèves préparant un bac pro tertiaire, option comptabilité montre que l’AEFE n’est pas défavorable à la création de ce type de filières. Toutefois, l’ouverture d’une filière professionnelle est complexe. Elle implique en amont une étude de marché, un inventaire des besoins locaux ainsi qu’une expertise pédagogique de son bien fondé. La demande ne peut être envisagée que si les conditions d’ouverture et l’assurance de sa pérennité en termes de vivier paraissent assurées. L’AEFE tient compte également des ressources humaines et des matériels disponibles dans l’établissement. Elle s’assure aussi de la capacité des entreprises locales à disposer des activités professionnelles et des tuteurs capables d’encadrer et former les élèves au moment de leur période de formation obligatoire en milieu professionnel (généralement de 22 semaines). Par ailleurs, l’AEFE n’envisage l’ouverture de sections professionnelles que si elles ne concurrencent ni ne se substituent en aucun cas aux offres de formation proposées par l’enseignement local, public ou privé. Enfin, toute demande d’ouverture de filière professionnelle doit être instruite et validée par le Ministère de l’Education Nationale (Direction Générale de l’Enseignement Scolaire et IGEN). L’ouverture de ces filières impose des contraintes très importantes et impacte l’organisation du baccalauréat professionnel et imposent des contraintes très importantes aux académies partenaires de l’Agence comme aux centres d’examens (en matière de ressources humaines et d’un point de vue administratif et budgétaire).
A ce jour, le lycée français de Tananarive n’a pas le projet d’ouvrir une filière de formation vers les métiers de l’artisanat et de l’industrie.

ORIGINE DE LA REPONSE : AEFE

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