Fermeture de la partie lycée de « Sadi Carnot », établissement d’enseignement conventionné avec l’AEFE (Agence de l’Enseignement Français à l’Etranger) à Diégo-Suarez, et évolution du réseau AEFE à Madagascar

Question écrite de M. Jean-Daniel CHAOUI, membre élu de la circonscription électorale de Tananarive

QUESTION

L’AEFE s’est engagée, depuis deux ans, dans un projet de restructuration du réseau de ses établissements dans la grande île. Ce réseau se caractérisait par un ensemble de petits, moyens et gros établissements maillant efficacement le territoire malgache et répondant à la relative dispersion de la population française.

La crise économique et politique qui accable Madagascar depuis janvier 2009 a progressivement amoindrit les moyens de nombreuses familles malgaches dont les enfants fréquentaient les établissements de l’AEFE. Celles-ci n’ont pas pu faire face aux frais d’écolages en perpétuelle augmentation. De plus, un certain nombre d’entreprises françaises ou étrangères implantées en province et recrutant des expatriés ont dû soit fermer, soit diminuer fortement leurs effectifs, entraînant les familles dont les enfants étaient scolarisés dans les établissements conventionnés à un départ forcé de Madagascar.

L’affaiblissement des effectifs est une réalité générale des établissements, depuis plusieurs années, sauf à Tananarive. Parallèlement, l’AEFE met en place depuis quelques années, une politique de reconcentration des moyens et de rationalisation des coûts qui la conduit à ne plus accompagner les établissements de proximité de petite structure et à faible effectif.

La conjonction de ces deux situations a produit des effets négatifs importants sur le réseau des établissements dans la grande île : en trois ans auront été fermées deux sections lycées, l’une à Fianarantsoa et l’autre à Diégo-Suarez ; auront été déconventionnées trois écoles élémentaires, celle de Manakara, d’Antalaha et de Fort-Dauphin. Parallèlement, le lycée de Tananarive bénéficie d’investissements importants avec la construction d’un nouveau bâtiment d’internat et de nouveaux bâtiments d’enseignement, pour des coûts jugés importants.

Ces choix stratégiques ne font pas l’unanimité parmi la communauté éducative et les parents d’élèves en particulier. On peut reprocher à l’AEFE un manque de lisibilité et de transparence sur ses projets à moyen et long terme et un dialogue très peu développé avec les élus. La brutalité concernant la fermeture de la partie lycée de l’établissement de Diego-Suarez me semble emblématique d’une certaine maladresse dans cet exercice. J’ai contesté fermement, en séance plénière de l’AFE (Assemblée des Français de l’Etranger) le 11 mars dernier, les propos de la Directrice de l’AEFE Mme Descôtes, qui affirmait, à tort, que l’Association des Parents d’Elèves du Lycée Sadi Carnot de Diégo-Suarez avait été informée de la décision de fermeture immédiate, en cas de non-redressement des effectifs. La « démocratie participative » n’a pas irradié notre administration à ce jour.

Ma première question concerne le devenir des enfants actuellement en classe de 3e, 2e et 1re au lycée Sadi Carnot ; quelles mesures ont été proposées aux familles concernant ces élèves pour la prochaine année scolaire ?

Ma seconde question concerne l’évolution du réseau des établissements de l’AEFE à Madagascar : Quelle configuration est programmée à l’horizon 2015 ? L’AEFE pourrait-elle s’engager à faire participer les élus, les parents et les enseignants aux décisions qui touchent à l’avenir de nos enfants ?

REPONSE

1) L’établissement Sadi Carnot d’Antsiranana (Diego Suarez) est un établissement à gestion parentale conventionné avec l’AEFE, comprenant une école maternelle, une école primaire, un collège et un lycée. Au sein du cycle lycée, après plusieurs années de baisse des effectifs, on compte désormais, toutes séries confondues (ES et S), à peine plus de 60 élèves de première et terminale au total.

Il y avait très précisément 36 élèves prévus en seconde pour la rentrée 2013 (17 Français et 19 Malgaches), 26 élèves pour l’entrée en première (11 Français et 15 Malgaches) et 17 élèves pour l’entrée en terminale (8 Français et 9 Malgaches).

La décision de fermer le cycle lycée de l’établissement d’Antsiranana pour la rentrée 2013 a été prise pour des raisons pédagogiques. En effet, l’objectif prioritaire de réussite scolaire pour tous suppose une offre de formation conforme à la réforme des lycées qui a été lancée en 2010 en France. Or, dans une structure de trop petite taille, la réforme du lycée de ne peut être appliquée dans de bonnes conditions et les élèves ne peuvent plus recevoir un soutien adéquat à leurs projets de formation et d’orientation.

Pour la même raison pédagogique, une mesure identique de carte scolaire avait été prise pour l’établissement de Fianarantsoa, conventionné avec l’AEFE, avec effet à la rentrée 2011. Ces évolutions réfléchies, qui prennent en compte la situation particulière de l’enseignement français à Madagascar, visent à organiser une évolution du réseau qui assure sa pérennité dans les meilleures conditions en orientant en priorité les moyens de l’AEFE autour des lycées de Tananarive et de Tamatave dont l’Agence renforce les capacités d’accueil en développant à la fois les espaces pédagogiques et les internats.

Parmi les élèves d’Antsiranana concernés par l’évolution en cours, 60 élèves souhaitent aller au Lycée de Tananarive, 11 au lycée de Tamatave, 38 en France (dont 15 à la Réunion), 3 en écoles homologuées à Tananarive et 8 dans d’autres pays.

Des mesures d’accompagnement conséquentes ont été décidées : pour les Français, le recours à l’aide à la scolarité ; pour les Malgaches : la prise en charge de la différence entre le coût de la scolarité à Tananarive et Diégo (1 871 € par élève), l’exonération des droits de première inscription (DPI), la prise en charge sur critères sociaux d’un maximum de 50% des frais d’internat sur Tananarive (2 500 €) et un forfait annuel de transport de 500 € permettant le financement de deux voyages aériens aller-retour Diégo-Tananarive au « tarif jeune ». Vient s’ajouter l’autorisation de mettre en place un CNED, au tarif réglementé, pour les élèves malgaches ne pouvant se rendre à Tananarive

2) A ce stade, aucune autre modification du réseau malgache n’est envisagée pour l’année scolaire 2013-2014.

En termes de dialogue et communication, de très nombreuses rencontres avec des partenaires de l’AEFE que sont les associations de parents d’élèves, les organisations syndicales représentant les personnels et les conseillers élus de l’Assemblée des Français de l’étranger ont été organisées depuis l’audit général des établissements de Madagascar mené par l’Agence en 2007.

S’agissant de l’établissement d’Antsiranana, le scénario de fermeture du cycle lycée pour la rentrée 2013 avait été annoncé au conseil d’établissement le 19 mai 2011 par le chef de secteur géographique de l’AEFE en mission sur place. La Directrice de l’AEFE en avait exposé les raisons le 31 août 2011 au vice-président de l’association des parents d’élèves. Au vue de la baisse constante des effectifs, en étroite concertation avec le Poste diplomatique, la décision de fermer le cycle lycée avait été confirmée à la rentrée 2012./.

ORIGINE DE LA REPONSE : AEFE

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