Louis SARRAZIN
Publié le 23/03/2015

Louis SARRAZIN

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Classes d’Intégration dans les établissements scolaires de l’AEFE

Session de mars 2015 - Question orale n°13 de M. Louis SARRAZIN, conseiller consulaire (Autriche, Slovaquie et Slovénie), et conseiller à l’AFE (Allemagne, Autriche, Slovaquie, Slovénie et Suisse)

Dans certains établissements scolaires de l’AEFE on observe une érosion des effectifs. Cet état de fait a des causes multiples mais impose une recherche et une attention constante à la communication extérieure car l’éducation est devenue de plus en plus un bien de consommation et la concurrence est devenue un fait.

C’est une réalité que si globalement le nombre d’élèves dans le réseau AEFE est en croissance, dans la majorité des pays la taille de la communauté française à elle seule ne permet pas de suffire pour maintenir un établissement scolaire avec une offre pédagogique diversifiée qui rend l’établissement attrayant.

Il y a une dizaine d’années la mise place de classes CLIN (Classes d’intégration) avait permis, comme par exemple au Lycée Français de Vienne, de recruter en 3 ans plus de 70 élèves. Ce système permet et facilite l’intégration dans les petites classes d’enfants non francophones et donc d’attirer dans les pays où le français n’est pas la langue d’usage, de recruter des enfants dont les parents sont sensibles à la qualité de l’enseignement français mais qui ne parlent pas notre langue. Certains lycées français de l’étranger comme celui de Tokyo ont mis en place un dispositif similaire (cf. http://www.ambafrance-jp.org/Ouverture-prochaine-d-une-classe ).

Il est aussi intéressant de noter qu’en France le même dispositif est utilisé par le Ministère de l’Éducation Nationale dans les écoles avec un grand nombre d’enfants issus de l’immigration.

Questions :

  • Dans le passé la création de classes d’intégration a permis de faciliter l’intégration et le recrutement de nouveaux élèves, l’AEFE est-elle opposée à présent à la mise en place de ces classes d’intégration comme un des moyens de compenser l’érosion des effectifs des établissements et pour faciliter l’intégration des élèves non-francophones ?
  • À défaut de classes CLIN, quel est le dispositif recommandé pour intégrer des enfants non-francophones et les amener à un niveau de français suffisant quand notre langue n’est pas la langue d’usage dans la famille ?

En France, les CLIN sont des classes d’initiation (et non d’intégration). Ces dispositifs sont destinés aux élèves non francophones qui arrivent au fil de l’année. Ces élèves sont soumis à une évaluation des savoir-faire en langue française et des compétences scolaires déjà acquises dans le pays d’origine, préalablement à leur orientation et affectation dans un établissement scolaire.

Dans le réseau, la problématique est différente. Les dispositifs de soutien intensif mis en place en parallèle du temps d’enseignement en classe témoignent de leur efficacité. Ces réponses à des besoins individuels précisément identifiés peuvent être mis en place sur le temps d’enseignement, sur le temps des Activités Pédagogiques Complémentaires, voire sur le temps extra-scolaire.

A titre exceptionnel, la « classe-relais » du lycée français international de Tokyo (établissement conventionné) est un dispositif qui a ouvert ses portes en avril 2014 et qui propose une scolarisation de trois mois avant accueil en septembre dans une classe « ordinaire ».

La baisse d’effectifs sur les établissements relève de situations isolées et dans des proportions très limitées. S’il est vrai que l’on observe une légère diminution des effectifs à Vienne (40 élèves en deux ans, soit - 2%) et au lycée de Berlin (38 élèves), les autres établissements de cette zone voient leurs effectifs se stabiliser voire augmenter, notamment la Slovaquie (+ 30%) et la Slovénie (+ 6%), le nombre d’élèves sur l’ensemble du réseau ayant augmenté de plus de 3%.

Origine de la réponse : AEFE